Les retentissements autour du dossier grec invitent les investisseurs à la prudence

Marchés actions :
Cette semaine, les marchés n’ont pas suivi une tendance claire, multipliant les aller-retours entre hausse et baisse. Tantôt inquiets tantôt rassurés par le dossier grec, les opérateurs ont privilégié la prudence tandis que la solide macroéconomie américaine, accompagnée de résultats d’entreprises prometteurs, ont soutenu les cours. Par conséquent, les indices vont probablement terminer la semaine proche des niveaux auxquels ils ont commencé, conservant une tendance haussière.
En Europe, les marchés sont restés focalisés sur le dossier grec. Depuis plusieurs mois, les marchés attendent qu’un accord soit trouvé, afin que le spectre du défaut désorganisé soit définitivement écarté. Après des semaines d’attente, les responsables des grands partis grecs, les membres du PSI et la Troïka ont réussi à se mettre d’accord sur les mesures d’austérité à mettre en place. Le premier ministre grec Lucas Papademos a immédiatement remporté l’approbation du Parlement pour les mesures d’austérité nécessaires pour obtenir les aides du plan de sauvetage international. En revanche, l’adoption de ces mesures n’a pas plu au peuple grec, qui a violemment protesté en mettant le feu à plusieurs bâtiments d’Athènes. Les analystes estiment que le plus gros et le plus dur des mesures est adopté et qu’elles devraient empêcher les spéculateurs de faire monter encore plus le poids de la dette. Et même dans le cas d’un défaut, la zone euro est bien mieux préparée à affronter un défaut qu’elle ne l’était il y a deux ans. Par ailleurs, la Chine a aussi annoncé qu’elle aiderait l’Europe à sortir de la crise de la dette. Sachant que le pays détient les plus grosses réserves au monde de devises, il peut apporter des aides conséquentes à l’Europe par la Banque Centrale et les fonds souverains. De fait, le premier ministre M. Wen Jiabao a annoncé que le pays désire être plus impliqué dans la zone euro et l’aider à sortir de la crise de la dette. La Chine pourrait donc résoudre tous les problèmes de l’Europe, ayant les fonds nécessaire pour palier à la crise. Macroéconomiquement parlant, les statistiques européennes étaient plutôt encourageantes cette semaine : le PIB allemand a moins diminué que ce qu’envisageaient les analystes. La France a même évité la récession au quatrième trimestre, en affichant une croissance de +0,2%. En parallèle, la confiance des entreprises dans l’économie remonte en flèche : le ZEW allemand est ressorti à -8,1 points contre -32,5 points pour le mois dernier.
Ces bonnes nouvelles ont été régulièrement contrebalancées par des rumeurs et des turbulences. En milieu de semaine, les ministres des finances européens ont soudainement décidé de reporter le versement des aides à la Grèce. Le pays a crucialement besoin de ces fonds afin de maintenir à flot son économie, puisqu’il doit rembourser 14,5 milliards d’euros en mars. Par ailleurs, la Grèce doit encore effectuer 600 millions d’euros de réductions budgétaires en 2012 alors que l’aggravation de la crise pourrait réduire le taux de croissance du pays de moitié pour cette année. Avec le plan de sauvetage, la dette atteindrait 129% du PIB d’ici 2020, soit un peu plus que l’Italie aujourd’hui tout en pratiquant une politique de rigueur terrible à supporter. Les économistes sont donc de plus en plus nombreux à estimer que les demandes répétées de l’Union Européenne et plus précisément de l’Allemagne (qui est le premier créancier de la Grèce) pour de nouvelles réformes d’austérité commencent à devenir contre-productives tout en générant de plus en plus d’instabilités sociales. Enfin, les marchés ont aussi tremblé après les dégradations successives de l’agence de notation Moody’s. Cette dernière a successivement attaqué la note des pays les plus solides de l’Europe (France, Italie, Autriche…) et la note d’une centaine d’établissements bancaires européens. Bien que déjà intégrés dans les cours, ces ajustements ont de quoi effrayer les investisseurs déjà anxieux à propos de la Grèce. Ainsi, en variation hebdomadaire, le CAC40 a gagné 1,58%, le DAX30 a pris 1,70%, le Footsie et l’Eurostoxx50 ont avancé de 0,94% et 1,20%.
Outre-Atlantique les marchés ont évolué en tendance positive sur la semaine profitant d’une part, de statistiques économiques meilleures que prévu et d’autre part, d’un certain optimisme des opérateurs sur une sortie de crise du dossier grec. Sur les cinq derniers jours, le Dow Jones a progressé de 0,80% à 12779,81 points, l’indice Nasdaq des valeurs technologiques a avancé de 1,93% à 2959,85 points et le S&P 500 plus large a grimpé de 1,15% à 1342,61 points au plus haut depuis le 02 mai 2011. L’indice élargi bute actuellement sur le seuil névralgique des 1355 points néanmoins le croisement à la hausse des moyennes mobiles à 50 et 250 jours constitue un signal haussier. Du côté des autres indices, le Dow Jones a clôturé sur un plus haut depuis le 19 mai 2008 et le Nasdaq des valeurs technologiques confirme son bon début d’année pour revenir se négocier sur des seuils inédits depuis le 11 décembre 2000. Nous assistons actuellement à une nette amélioration de la situation économique américaine qui se traduit par des inscriptions au chômage au plus bas niveau depuis mars 2008 et une reprise du côté du secteur immobilier. L’activité manufacturière n’est pas en reste, de ce fait les indices ont profité du retour des fondamentaux sur l’économie américaine pour s’apprécier et revenir sur des niveaux d’avant crise. Du coté des indicateurs macroéconomiques, l’économie américaine montre toujours des signes de reprise. Les secteurs clés de l’économie (immobilier, emploi, activité manufacturière) sont tous en croissance. Plus spécifiquement, les nouvelles demandes d’allocation-chômage ont chuté à 357 000 nouvelles demandes cette semaine, tandis que l’Empire manufacturing et les mises en chantier ont dépassé les attentes des analystes. Seul point noir de la semaine, les ventes au détail hors auto sont cru plus lentement qu’attendu. Ainsi, sur la semaine, le Nasdaq Composite, le Dow Jones et leS&P500 ont respectivement cru de 1,11%, 0,11% et 0,45%.
Enfin en Asie, les marchés ont benoitement vacillé au gré des chocs européens et des statistiques asiatiques. En Chine, le gouvernement hésite toujours à commencer franchement une politique monétaire stimulant suffisamment l’économie afin qu’elle conserve ses neufs points de croissance. Pourtant, l’exposition de l’économie asiatique à l’économie européenne pourrait bien ralentir la croissance si la crise de la dette se prolonge. A ce titre, le premier ministre chinois a annoncé que la Chine avait besoin de politiques économiques plus fines et adaptées au contexte actuel. Au Japon, le Nikkei a bien profité de la dévaluation du yen en fin de semaine. Combinée à la reprise de l’économie européenne et le renforcement du dollar, elle donne un second souffle aux valeurs exportatrices japonaises et à l’économie en générale. En variation hebdomadaire, les indices asiatiques affichent des performances nettement meilleures que leurs équivalents européens et américains : le Nikkei progresse de 4,88% et le Hang Seng de 3,41%.
Forex :
Sur le marché des changes, les devises les plus risquées ont souffert des incertitudes autour du dossier grec mais ont su se reprendre en fin de semaine pour finalement évoluer de manière stable. En outre, les chiffres sur la croissance économique en zone euro ont également contribué à rythmer l’actualité boursière de la semaine. Enfin, on notera la baisse importante de la devise nippone après l’intervention de la Banque centrale du Japon.
En Zone Eur
o, le dossier grec continue d’animer les marchés financiers. Le Week-End dernier, le Parlement grec a voté un accord important : un nouveau plan d’austérité censé permettre à l’Etat grec d’obtenir un nouveau prêt de 130 milliards d’euros. Ce plan devait être approuvé par l’Eurogroupe mercredi mais il a finalement décidé de reporter sa réunion à lundi prochain. Malgré les tensions sociales importantes, les ministres des finances de l’Eurogroupe ont estimé que la Grèce devait apporter plus de garanties. Par ailleurs, le PIB grec a chuté de 7% en 2011, ce qui a décuplé la méfiance par rapport à l’engagement grec. La monnaie européenne a nettement souffert de ces nouvelles incertitudes et chutait sous les 1,30$ touchant un plus bas en séance, à 1,2974$, mercredi. Cependant, la peur de voir un défaut de paiement désordonné de la Grèce s’est estompée après qu’un accord sur 325 millions d’euros d’économies supplémentaires ait été trouvé dès jeudi afin de préparer au mieux la réunion de l’Eurogroupe prévue lundi prochain. A cette bonne nouvelle s’est ajouté un autre élément positif : la décision des banques centrales européennes d’effectuer des swaps d’échange de leurs obligations grec pour soutenir le marché. L’Euro s’est ainsi repris s’échangeant autour des 1,3150$ ce vendredi. La bonne tenue de l’indice ZEW en Allemagne et la volonté une nouvelle fois affichée par la Chine d’acheter des obligations souveraines ont permis de soutenir la monnaie européenne en cette fin de semaine.
En outre, l’actualité grecque a une nouvelle fois éclipsé les chiffres sur la croissance économique des pays de la zone euro. On pourra retenir la publication surprise de la croissance française qui est ressortie en hausse de 0,2% au quatrième trimestre alors que le consensus attendait un recul de 0,2%. En rythme annuel, la France affiche un PIB en hausse de 1,4% pour l’année 2011 moins bien que l’Allemagne dont le PIB ressort en hausse de 2%. Quant à l’Italie, sa croissance recule de 0,5% sur un an et est donc en récession effective. D’une manière générale, la Zone Euro voit son PIB en hausse de 0,7% sur l’année 2011.
En rythme hebdomadaire, la légère baisse de l’euro face au franc suisse ainsi que face à la livre sterling est un signe de méfiance sur les marchés de la part des investisseurs qui restent sceptiques quant aux avancés du dossier grec. L’euro s’échange autour des 1,2075 franc suisse et aux alentours des 0,8290£.
De son côté, la devise nippone perd du terrain face au billet vert ainsi que face à la monnaie européenne. Les annonces économiques décevantes telles que le PIB japonais ressorti en net recul de 2,3% sur un an et la chute de 4,3% de la production industrielle sur an ont montré l’impact négatif de la fermeté du yen sur l’économie nippone. La Banque du Japon a donc décidé d’agir fermement pour dévaluer sa monnaie en décidant d’augmenter de manière significative des achats d’obligations. La Banque du Japon a décidé de multiplier par six son programme d’achat de 10 trilliards de yens à 65 trilliards de yens. Cette décision a provoqué une hausse importante de la paire USD/JPY qui gagne 1,89% en sur la semaine passant de 77,50 yens à 79,05 yens. L’EUR/JPY finit également en hausse et s’échange autour des 104 yens contre 102,50 en début de semaine.
Enfin, sur le NYBOT, le Dollar Index gagne légèrement du terrain et cote 79,50 points contre 79,22 vendredi dernier. La bonne tenue du billet vert peut être attribué par les bons chiffres économiques américains du côté du l’emploi avec les chiffres des demandes d’allocations chômage qui ont atteint un plus bas depuis mars 2008.
Matières Premières :
Au registre des matières premières, le baril de pétrole se traite sur de nouveaux plus hauts depuis le début du mois de février. Les quelques signes d’améliorations macroéconomiques en provenance des Etats-Unis ainsi que l’issue proche des tergiversations autour de la dette grecque profitent à l’or noir. D’un point de vue fondamental, la communauté financière pense que la poursuite de l’amélioration de la situation US conjuguée à une sortie de crise en Europe continueront de soutenir les cours du baril au-dessus des 95$ / 100$ le baril, d’autant plus que la demande en Europe reste pour l’instant très loin de ses plus hauts historiques. Autre élément à prendre en considération, un retour de la demande dans les pays émergents validerait ce scénario. Rappelons que les tensions géopolitiques dans le Golfe Persique continuent de tendre les cours. Le Future Mars 2012 du Nymex Light Sweet Crude oil affiche pour le moment 5 séances de suite dans le vert, et sa progression hebdomadaire est de 3.4%, soit sa meilleure progression depuis fin décembre. Le Crude Oil Brent d’échéance Avril progresse quant à lui de 2,47% en rythme hebdomadaire à $ 119,85 le baril.
En ce qui concerne le métal jaune, la tendance a été à l’équilibre tout au long de la semaine, dans le sillage des marchés actions qui ont été relativement atones. De plus, les opérateurs sont restés relativement attentistes en raison de la décision finale concernant le plan de sauvetage grec, repoussée à lundi prochain par les instances européennes. Tout cela n’a pas permis aux métaux précieux, notamment à l’or, de suivre une tendance claire lors des séances précédentes. Ainsi, le métal jaune finit en légère hausse de 0,5% sur la semaine à 1730,25$ l’once. Même tendance sur l’argent-métal qui s’échange autour des 33,45$ l’once.
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| Heure | Pays |
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| Indicateur | Période | Prévision | Précédent | Pertinence | |||||
| Lundi 20 février 2012 | |||||||||
| 08h45 | Indice de confiance dans les affaires | Février | 91 | ![]() | |||||
| Mardi 21 février 2012 | |||||||||
| 05h30 | Indice Activité Industrie (GM) | Décembre | 1.5% | -1.1% | ![]() | ||||
| 08h00 | Balance commerciale | Janvier | 2.07B | ![]() | |||||
| 10h30 | Emprunts nets Secteur public | Janvier | 10.8B | ![]() | |||||
| 14h30 | Commerce de détail hors autos (GM) | Décembre | 0.2% | 0.3% | ![]() | ||||
| 14h30 | Chicago Fed Indice Activité nationale | Janvier | 0.17 | ![]() | |||||
| 16h00 | Confiance des Consommateurs Zone Euro | Février | -20.2 | -20.7 | ![]() | ||||
| Mercredi 22 février 2012 | |||||||||
| 09h00 | PMI Manufacturier | Février | 48.5 | ![]() | |||||
| 09h00 | PMI Services | Février | 52.3 | ![]() | |||||
| 09h30 | PMI Manufacturier | Février | 51.3 | 51.0 | ![]() | ||||
| 09h30 | PMI Services | Février | 54.0 | 53.7 | ![]() | ||||
| 10h00 | PMI Composite | Février | 50.5 | 50.4 | ![]() | ||||
| 10h00 | PMI Manufacturier | Février | 49.3 | 48.8 | ![]() | ||||
| 10h00 | PMI Services | Février | 50.6 | 50.4 | ![]() | ||||
| 10h30 | Minutes de la Banque d'Angleterre | ![]() | |||||||
| 11h00 | Nouvelles commandes industrie (GM) | Décembre | 0.5% | -1.3% | ![]() | ||||
| 16h00 | Ventes Logements existants | Janvier | 4.66M | 4.61M | ![]() | ||||
| Jeudi 23 février 2012 | |||||||||
| 10h00 | IFO - Climat dans les affaires | Février | 108.7 | 108.3 | ![]() | ||||
| 10h00 | IFO - Estimation actuelle | Février | 116.7 | 116.3 | ![]() | ||||
| 14h30 | Nouvelles demandes d'allocations-chômage | 18 Février | ![]() | ||||||
| 16h00 | Indice Prix Maisons (GM) | Décembre | 1.0% | ![]() | |||||
| Vendredi 24 février 2012 | |||||||||
| 08h00 | PIB (GT) | Q4 | -0.2% | -0.2% | ![]() | ||||
| 10h30 | PIB (GT) | Q4 | -0.2% | ![]() | |||||
| 15h55 | Indice de confiance de l'Université du Michigan | Février | 72.5 | 72.5 | ![]() | ||||
| 16h00 | Ventes Logements neufs | Janvier | 315K | 307K | ![]() | ||||
| Degré de pertinence pour les marchés :
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