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Les marchés profitent du soutien de la FED, mais la Grèce reste au centre de toutes les attentions

hse
Modérateur
Le 27/01/2012 - 14h00

 

Marchés actions :


Cette semaine, les marchés ont poursuivi sur la tendance fortement haussière de la semaine précédente. D’un côté, la pression s’allège sur la zone euro (les taux obligataires chutent et la Grèce est sur le point de trouver un accord avec ses créanciers) et de l’autre, l’économie américaine montre des signes de vigueur très encourageants. Même si l’Asie souffre de la crise de la dette, puisque cette dernière a fait chuter ses exportations, la croissance colossale des tigres asiatiques ne peut que profiter à l’économie mondiale.


Côté européen, les opérateurs sont restés optimistes vis-à-vis des résultats des négociations entre la Grèce et ses créanciers privés (le PSI). Depuis la semaine dernière, les membres du gouvernement se sont montrés confiants et ont assuré qu’un accord serait rapidement trouvé malgré les multiples reports des débats. Les opérateurs ont spéculé sur une baisse rapide du risque de défaut en Grèce jusqu’à ce que les membres du PSI fassent leur « offre maximum » aux membres de la Troïka et au gouvernement grec, les laissant libre ou non d’accepter l’offre. Par ailleurs, les discussions entre les ministres des finances de la zone euro ont permis d’avancer sur les dossiers européens : le FESF et les nouvelles règles budgétaires sont en bonne voie et le tout sera sûrement effectif en mars prochain. Par conséquent, depuis quelques semaines, la zone euro a l’air d’être moins en « danger » et l’appétit pour le risque des investisseurs remonte petit à petit : les taux obligataires baissent, signe que la demande et la confiance pour les dettes européennes remontent ou que la BCE soutient fortement les pays malmenés par la crise.

Cependant, les opérateurs ne peuvent s’empêcher d’être prudents quand il s’agit d’investir en Europe. D’une part, le patinage des négociations grecques ne peut qu’effrayer les marchés qui attendent encore et toujours des mesures solides pour contrer la crise de la dette. Si les indices boursiers ont bien progressé cette semaine, ils se trouvent toujours très en-dessous des niveaux de janvier dernier, et sont très loin de combler l’écart avec l’année dernière. La croissance du vieux continent et celle du monde ont été toutes deux revues en baisse et l’impact de cette baisse sur les dividendes et les valorisations d’entreprises sont encore aujourd’hui sous-estimées : le FMI dresse le bilan d’une Europe en détresse en ayant revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année 2013. L’économie mondiale devrait progresser de 3,9% au lieu des 4,5% précédemment estimé et la croissance de la France, deuxième économie du vieux continent devrait être quasi nulle.  Les actions n’apparaissent donc peut-être plus aussi rentables que des obligations d’états, qui rapportent et qui sont souvent très liquides. Macro économiquement parlant, l’Europe doit arrêter de compter sur l’Allemagne qui désormais refuse fermement de fournir davantage d’aides à la Grèce ou de renforcer les mécanismes de sauvetage qui ont été élaborés au cours de l’été dernier. Cette obstination est susceptible d’inquiéter les opérateurs les plus pessimistes, ceux qui craignent une catastrophe absolue, un défaut désorganisé de plusieurs grandes économies de la zone euro malgré les progrès effectués ces derniers mois. Enfin, la dégradation des banques françaises par Standard & Poor’s n’a rien fait pour rétablir la confiance. Malgré ces prévisions, les indices affichent une forte hausse sur la semaine : le CAC40 avance de 1,26%, le Footsie prend 1,03%, le DAX30 gagne 2,49% et l’Eurostoxx progresse de 1,51%.


Outre-Atlantique, Wall Street est restée plus modérée qu’en Europe, clôturant plusieurs fois en ordre dispersé. Bien que robuste, l’économie américaine reste compliquée à interpréter : certains secteurs sont bien repartis tandis que d’autres continuent d’être affaiblis. Ainsi, le marché de l’immobilier ralentit : les reventes des logements en cours sont en baisse de 3,5% contre 1% d’attendu par les analystes tandis que les ventes de logements chutent à +4,4% de croissance contre 6,9% pour le mois précédent. Le marché de l’emploi montre également des signes de faiblesse : les nouvelles demandes d’allocations-chômage sont reparties à la hausse : elles s’affichent à 377 000 demandes contre 352 000 pour la semaine dernière. Les demandes de biens durables décroissent aussi par rapport au mois précèdent : elles progressent de 3,0% pour le mois de Décembre contre 3,8% en Novembre. Même si ces indicateurs étaient suffisamment mauvais pour peser sur les cours, Wall Street les a partiellement ignoré à cause des déclarations de la FED. En effet, la Banque Centrale américaine a maintenu ses taux directeurs à 25% et prévoit de les laisser à ce niveau jusqu’en 2014. Cette annonce a surpris les investisseurs puisque le mois dernier, la FED avait déjà assuré qu’elle maintiendrait ses taux jusqu’à la mi 2013. La Banque Centrale pourrait également lancer un « quantitative easing 3 » si elle estime que la situation économique est toujours dégradée. De fait, le taux de chômage reste élevé au sein d’une économie ralentie par conséquent, cela nécessite une politique monétaire plus accommodante. Ainsi, sur la semaine, le Nasdaq Composite, le Dow Jones et le S&P500 ont avancé respectivement de 0,61%, 0,88% et 0,3% sur la semaine.


Enfin coté asiatique, les marchés n’ont pas cessé de progresser, emportés par leur optimisme pour l’Europe et les Etat-Unis. Plusieurs marchés asiatiques (Singapour, Hong Kong, la Corée du Sud) sont restés fermés en début de semaine à cause de la célébration du nouvel an chinois. Les propos de la FED, combinés à la spéculation d’une finalisation rapide des négociations grecques ont poussé les indices en hausse. Pourtant, des nouvelles sont venues ébranler les marchés : la Banque Centrale de Nouvelle-Zélande a signalé que ses taux directeurs pourraient être maintenus très bas pour plus longtemps que prévu tandis que la Corée du Sud affiche sa plus faible croissance économique en un an, la crise de la dette européenne pesant sur les exportations de l’Asie. La BoJ a aussi revu à la baisse les perspectives de croissance du pays pour l’année 2012 tout en conservant son taux directeur à 0. L’économie japonaise est apparue particulièrement vulnérable ces dernières séances. Fondé sur les exportations, le modèle économique japonais souffre de la forte appréciation du yen et de la baisse des exportations européennes. Ainsi, le Japon a enregistré son premier déficit commercial depuis les années 80. Dans ce contexte, en variation hebdomadaire, le Nikkei225 avance de 0,85% et le Hang Seng prend 4,45%.

Forex :


Sur le marché des changes, le rebond des devises dîtes risquées se poursuit grâce aux espoirs d’une résolution autour du dossier grec et aux conclusions de la réunion du FOMC annonçant des mesures d’assouplissement de sa politique monétaire. D’une manière générale, la monnaie unique se renforce alors que le billet vert s’affaiblit.


En Zone Euro, la Grèce continue d’être au centre de l’attention des investisseurs. En effet, les négociations entre les créanciers privés, publics et les dirigeants grecs ne trouvent pas le bout du tunnel. De nombreux désaccords persistent notamment au sujet du taux d’intérêt en vigueur attaché aux nouvelles obligations. Alors que les créanciers privés proposaient un coupon de 4%, l’offre a été rejetée par l’ensemble des ministres des Finances de la zone euro. Lundi, les dirigeants européens ont fait pression sur la Grèce car selon eux et le FMI, le taux d’intérêt devrait se situer entre 3,5 et 3,75% pour que la dette grecque puisse être ramenée à 120% du PIB en 2020 contre 160% actuellement. Dans ce cadre, la perte que pourrait subir les créanciers privés se situerait entre 65 et 70% bien plus que la décote de 50% prévue initialement. Les négociations sont donc restées en suspens et ont repris jeudi. Charles Dallara, représentant des créanciers privés, a affirmé que les banques privées étaient prêtes à faire un effort mais qu’elles refusaient à elles seules l’ensemble des pertes. La BCE détient plus de 45 milliards d’euros de dette grecque et doit ainsi étudier la possibilité de renoncer à une partie de la dette grecque. Pour atteindre l’objectif de réduction de la dette grecque à 120% du PIB, l’intervention des créanciers publics est ainsi indispensable selon le Président de l’Euro groupe. La chancelière Allemande s’est montrée positive quant à l’issue des négociations. L’enjeu est de taille car si aucun accord n’aboutit, la Grèce pourrait se retrouver en situation de défaut de paiement le 20 mars prochain lorsque ses obligations arriveront à échéance. Les négociations vont donc se poursuivre et les marchés espèrent une résolution rapide entre les créanciers privés et publics. L’optimisme des investisseurs ont permis à la monnaie unique de passer au-dessus des 1,30$ et des 100 yens en milieu de semaine et de s’y maintenir. Malgré, l’envolé des taux à 10 ans portugais au-dessus de 14%, l’euro fait preuve d’une remarquable résistance. Ceci est dû aux divergences sur la direction des taux puisque ceux de l’Italie sont passés sous les 6%. De plus, les adjudications françaises ont connu un franc succès en début de semaine avec un taux en baisse et une demande vigoureuse.


Ensuite, les marchés attendaient avec impatience les conclusions de la réunion du FOMC à propos de l’orientation de la politique monétaire américaine. La Réserve fédérale américaine a annoncé d’excellentes nouvelles en démontrant sa volonté de soutenir massivement l’économie américaine. Dans un premier temps, Ben Bernanke a décidé de laisser ses taux exceptionnellement bas jusqu’en 2014 au lieu de 2013. Cette prolongation d’un an et demi démontre la volonté de la FED de soutenir l’activité économique américaine coute que coute. Cette annonce ouvre la voie à la possible mise en place d’un QE3 dès mars prochain comme l’anticipent certains analystes. Ce statu quo monétaire prolongé a réjoui les investisseurs et a profité aux devises risquées. Le dollar s’est ainsi affaibli par rapport à l’ensemble de ses contreparties alors que l’euro reprenait du terrain et atteignait les 1,3185$ jeudi, son plus haut  en séance.


Enfin, la monnaie unique s’adjuge plus de 1,80% face au billet vert en rythme hebdomadaire passant de 1,2893$ à 1,3150$. Face à la devise nippone, la devise des dix-sept passe de 99,30 yens à 101,26 yens gagnant également un peu plus de 1,80% sur la semaine. De son côté, sur le NYBOT, le Dollar Index perd du terrain et cote 79,28 contre 80,55 points il y a une semaine. Les devises dites « matières premières » sont celles qui ont le plus profité de l’optimisme sur les marchés, en particulier le dollar canadien et australien. Ainsi la paire AUD/USD est passée au-dessus des 1,0650$ et gagne plus de 2% en rythme hebdomadaire. De son côté, l’USD/CAD s’échange autour de parité à 0,9997 dollar canadien contre 1,0127 en début de semaine. Enfin, l’USD/JPY perd du terrain et s’échange sous les 77 yens.

Matières Premières :

Au chapitre des matières premières, le métal jaune a bondi à un plus haut de six semaines à la suite de la décision de la FED de maintenir ses taux exceptionnellement bas. La politique accommodante de la FED profite au métal jaune. En effet, l’afflux de liquidités ainsi que le risque inflationniste qui découle de telles mesures incitent les investisseurs à se tourner vers l’or. Ainsi, l’once d’or est repassée au-dessus des 1 700 dollars s’installant au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours (signe d’une tendance haussière). Le métal jaune s’échange autour des 1 720$ l’once en cette fin de semaine. Même tendance pour l’argent-métal qui gagne plus de 6% en rythme hebdomadaire et s’échange autour des 33,50$ l’once.
 
De son côté, le pétrole a évolué de manière stable. En  effet, les cours du brut sont tiraillés entre la situation délicate de l’Europe (où le cas de la Grèce inquiète toujours autant) et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient où les risques d’escalade persistent. A New York, le Light Sweet Crude reste ancré autour des 100$ le baril et à Londres, le Brent de la mer du Nord se maintient autour des 111$ le baril. En outre, le rapport de l’American Petroleum Insitute a fait état d’une nouvelle augmentation des stocks de brut, la plus importante en près de quatre semaines.
 

 Annonces:

Heure Pays
Statistiques/événements
Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence
Lundi 30 janvier 2012
11h00 Confiance Consommateur Zone Euro Janvier -20.6 -20.6 5
14h30 Revenu personnel Décembre 0.4% 0.1% 5
14h30 Consommation des ménages Décembre 0.1% 0.1% 5
16h30 Activité manufacturière Fed Dallas Janvier -3.0 3
Mardi 31 janvier 2012
00h30 Consommation des ménages totale (GA) Décembre -0.1% -3.2% 4
00h30 Taux de Chômage Décembre 4.5% 4.5% 5
00h50 Production industrielle (GM) Décembre 2.9% -2.7% 5
08h00 Indicateur de consommation UBS Décembre 0.81 3
09h55 Taux de chômage Janvier 6.8% 6.8% 5
09h55 Variation du chômage (milliers) Janvier -9K -22K 5
10h30 Prêts immobiliers approuvés Décembre 53.0K 52.9K 3
11h00 Taux de Chômage Zone Euro Décembre 10.4% 10.3% 5
14h30 Produit intérieur brut (GM) Novembre 0.2% 0.0% 5
15h00 S&P/CS 20 villes (GM) Novembre -0.40% -0.62% 3
15h45 Directeurs d'achat de Chicago Janvier 63.0 62.2 4
16h00 Confiance du consommateur Janvier 68.0 64.5 5
Mercredi 1 février 2012
02h00 PMI Manufacturier Janvier 49.6 50.3 5
03h30 HSBC PMI Manufacturier Janvier 48.7 5
09h15 Ventes au détail (Réel) (GA) Décembre 1.8% 3
09h30 PMI Manufacturier Janvier 51.0 50.7 4
09h50 PMI Manufacturier Janvier 48.5 5
09h55 PMI Manufacturier Janvier 50.9 50.9 5
10h00 PMI Manufacturier Janvier 48.7 48.7 5
10h30 PMI Manufacturier Janvier 50.0 49.6 5
11h00 Estimation IPC Zone Euro (GA) Janvier 2.7% 2.8% 5
14h15 ADP Variation de l'emploi Janvier 185K 325K 5
16h00 Dépenses de construction (GM) Décembre 0.7% 1.2% 3
16h00 ISM Manufacturier Janvier 54.5 53.9 5
Jeudi 2 février 2012
08h00 Balance commerciale Décembre 3.00B 3
10h30 Directeur d'achat Construction PMI Janvier 52.5 53.2 4
11h00 Indice des prix à la production (GM) Décembre -0.2% 0.2% 4
14h30 Nouvelles Demandes d'allocations-chômage 28 Janvier 377K 5
Vendredi 3 février 2012
09h50 PMI Services Janvier 51.7 4
09h55 PMI Services Janvier 54.5 4
10h00 PMI Composite Janvier 50.4 50.4 5
10h00 PMI Services Janvier 50.5 50.5 5
10h30 PMI Services Janvier 53.4 54.0 5
11h00 Ventes au détail Eurozone (GM) Décembre 0.4% -0.8% 5
13h00 Taux de chômage Janvier 7.5% 7.5% 5
13h00 Variation nette de l'emploi Janvier 22.3K 17.5K 5
14h30 Variation Emplois non agricoles Janvier 150K 200K 5
14h30 Taux de chômage Janvier 8.5% 8.5% 5