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EURUSD – Fiber
L’EURUSD est la monnaie la plus traitée sur le marché des changes : les cambistes s’intéressent fortement à ce cross du fait de la montée en puissance de la Zone Euro et de l’hégémonie américaine dans les échanges mondiaux...
Le 1er janvier 1999, l’euro a été introduit en tant que monnaie électronique alors que ce n’est qu’à partir du 1er janvier 2002 que les pièces et billets euro ont été mis en circulation. Tout le système monétaire européen est encore assez récent et ce manque de recul empêche les intervenants de cerner les réactions de la BCE sous différentes conditions de marché et face à différentes configurations économiques. De plus, les tensions de plus en plus marquées entre les pays européens et les décisions de la BCE sont source d’inquiétude pour les marchés. On accuse notamment Jean-Claude Trichet de poursuivre une politique de l’Euro fort qui pèse sur les exportations européennes.
Les banques centrales détiennent une part croissante d’euros dans leurs réserves, ce qui contribue à la baisse relative de l’importance du dollar au niveau international. Avec l’élargissement européen et les prévisions d’entrée de nouveaux membres dans la zone euro, de nombreuses devises européennes sont liées de façon plus ou moins forte avec l’euro. Parmi elles, on trouve notamment:
- la lire maltaise (MTL) (passage à l’euro le 1er janvier 2008)
- la livre chypriote (CYP) (passage à l’euro le 1er janvier 2008)
- la couronne estonienne (EEK)
- le litas lituanien (LTL)
- la couronne danoise (DKK)
- le lat letton (LVL)
- le nouveau lev bulgare (BGN)
Les politiques liées au dollar sont menées par la FED. Celle-ci est très indépendante du gouvernement américain puisque les membres du conseil de la FED sont en place pour de longs mandats qui leur permettent de moins subir les pressions des gouvernements successifs.
Comme nous l’avons vu précédemment, l’objectif principal est de maîtriser l’inflation tout en favorisant la croissance économique. Pour cela, la FED utilise deux outils principaux:
- les interventions directes sur le marché (Open Market Operations) à travers lesquelles la FED effectue directement des achats ou ventes de bons du Trésor et de bonds. Dans la pratique, des achats massifs de ce type de produits favorisent la baisse des taux d’intérêt tandis que des ventes massives auront tendance à les faire augmenter.
- le taux d’intérêt cible (Federal Funds Target Rate): c’est le taux d’intérêt d’emprunt que la FED offre aux banques qui lui sont liées. Chaque annonce de taux est très suivie par les marchés ainsi que le discours qui s’ensuit et qui donne des pistes pour les futures politiques à mettre en place. Dans les faits et pour faire simple, la FED augmente ses taux pour maîtriser l’inflation et les baisse pour relancer la croissance et la consommation.
Quant à la politique fiscale, qui concerne les dépenses publiques et la fixation des taxes, elle est dirigée par le US Treasury. Son rôle est plus important qu’on peut le penser car il possède l’autorité pour donner l’ordre à la banque fédérale de New-York d’intervenir directement sur le FOREX en vendant ou achetant le dollar s‘il considère que son taux de change est sur (ou sous) évalué.
Le dollar est la devise la plus suivie et la plus traitée sur le marché des changes. En réalité, le dollar est présent dans plus de 90% du total des transactions sur le Forex. Son poids est donc considérable, ce qui explique du même coup l’importance des données chiffrées de l’économie américaine et des divers rapports sur les mouvements des cours.
Mais ce poids tend à baisser au fil des ans avec, comme nous le disions, la montée en force de l’euro en tant que monnaie de réserve dans les banques centrales. Cette tendance devrait se poursuivre dans les années à venir, d’autant plus qu’avec le relèvement progressif des taux d’intérêt en Europe, les investissements en dollars deviennent de moins en moins lucratifs. A cela, il faut ajouter certains événements qui ont entraîné une perte de confiance dans la solidité de l’économie américaine: attentas du 11 septembre, guerre en Irak... pour ne citer que ceux-là.
Une autre donnée à prendre en compte est le fait que de nombreuses devises émergentes sont «peggées» avec le dollar. Ce qui signifie que leur taux de change est fixe par rapport au dollar avec une autorisation de fluctuation au sein d’une bande plus ou moins large. C’est le cas notamment pour de nombreuses devises asiatiques dont le yuan. Il arrive parfois que des pressions sur les marchés poussent les cours en dehors de ces bandes, ce qui provoque des interventions immédiates sur les marchés pour rétablir les cours au sein des bandes de fluctuation. Ces mouvements influencent énormément le cours du dollar sur les marchés. Dans le cas des devises asiatiques, beaucoup d’entres elles apparaissent sous-évaluées par rapport à l’économie et la croissance de leur pays. Ces derniers seront certainement amenés dans le futur à réévaluer progressivement leur monnaie ainsi qu’à diversifier leurs réserves, impliquant un affaiblissement de leur dépendance face au dollar et donc des ventes massives de dollars sur les marchés.
D’autres données doivent être prises en compte pour évaluer la valeur du dollar sur le marché, nous citerons entre autres:
- les différentiels de taux entre les bons du trésor américain et les obligations étrangères. En effet, les investisseurs auront tendance à placer leur argent sur les produits offrant les meilleurs taux de rendement, ce qui implique de forts mouvements sur le marché des devises compte tenu de la valeur élevée du ticket d’entrée sur ce type de produits.
- Le dollar Index: les banques centrales ont tendance à se fier à cet indice pour évaluer la valeur globale du dollar sur les marchés plutôt que de se fier uniquement à l’appréciation ou la dépréciation du dollar par rapport à telle ou telle devise étrangère.
A noter, enfin, qu’il existe une forte corrélation entre les cours du dollar et de l’or. Ce dernier évolue en général dans le sens contraire du dollar puisqu’il est coté en dollars. En période d’incertitude sur les marchés, les investisseurs se reportent sur l’or, considéré comme une valeur refuge, ce qui aura tendance à affaiblir le dollar.
L’EUR/USD est de loin le cross de devises le plus traité. Il représentait plus de 28 % des volumes de transaction sur le marché des devises en 2006. Ces volumes ne sont pas dus à l’importance des relations économiques entre la zone euro et les Etats-Unis. En fait, et comme nous l’avons déjà vu précédemment, sur le marché des changes, ce sont les spéculateurs qui dictent leurs lois. Or, le cross EUR/USD est le plus liquide et le plus facile d’accès lorsque l’on veut trader du dollar. De plus, de nombreuses informations et analyses sont disponibles sur internet.
Les spéculateurs favorisent le cross EUR/USD lorsqu’ils ont une vision sur l’évolution du dollar face au reste du monde. Si nous observons le cross USD/JPY, il ne réagira pas exactement pareil que l’EUR/USD sur une nouvelle affectant le dollar, uniquement car la composante yen du USD/JPY est également très forte. D’ailleurs la plupart des intervenants voulant spéculer sur le yen le feront via le USD/JPY et non pas via un autre cross où le yen est présent.
Parallèlement à cela, le cross EUR/USD est aussi utilisé par les spéculateurs qui ont une vision sur l’évolution de la devise européenne. En effet, les autres cross contenant de l’euro ne réagissent pas du tout de la même manière que face au dollar: l’EUR/GBP, EUR/CHF et l’EUR/JPY sont extrêmement influencés par la devise de contrepartie. A noter aussi que parce que l’euro est la devise de 13 pays (en incluant la Slovénie), toutes les nouvelles économiques importantes affectant l’un de ces pays affecte l’euro et donc l’EUR/USD. Cependant, il faut souligner que les politiques monétaires de la FED et les nouvelles économiques provenant des Etats-Unis influencent bien plus largement cette paire que les nouvelles provenant de l’économie européenne.
Enfin le cross EUR/USD est le point de rencontre entre les deux plus grandes zones économiques de la planète. Il donne constamment la température économique des deux zones et symbolise les différents intérêts et anticipations de chaque intervenant sur le marché des changes.