Comprendre le Forex et ses avantages

Le passage aux changes flottants


Ce n’est que dans les années 1960, suite aux différentes crises successives auxquelles l’économie mondiale a dû faire face, que le système des parités fixes a été mis de côté au profit du régime des changes flottants...

Ce n’est qu’après la fin de la 2nde guerre mondiale qu’un nouveau système monétaire international a été mis en place. Les Etats-Unis sont alors les seuls à posséder une réserve suffisante pour que leur monnaie soit convertible en or. Un nouveau système de parité fixe est mis en place : les pays peuvent déterminer la valeur de leur monnaie soit en fonction du cours de l’or, soit en fonction du cours du dollar (avec une possibilité de fluctuation de seulement 1% !). Le dollar est alors considéré comme « as good as gold ». Pour veiller au respect de ces conditions et aider les pays ne parvenant pas à s’y soumettre, le Fonds Monétaire International (FMI) est créé en 1947. Chaque pays doit y déposer un montant (25% en or et 75% en devise nationale) selon un quote-part déterminée au préalable. La part des Etats-Unis dans ces fonds est de 30% ce qui leur donne un droit de veto indiscutable lors des prises de décisions (effectivement, pour qu’une décision soit prise, elle doit réunir au minimum 80% des voix). Cependant ce système n’a réellement fonctionné qu’à partir de 1958.

Les taux d’intérêts étant relativement peu attrayants aux Etats-Unis, on assiste progressivement au développement des eurodollars, c’est-à-dire à la migration des investissements en dollars vers l’Europe où les taux étaient bien plus intéressants (notamment au Royaume-Uni). Ce phénomène a contribué à la dégradation de la balance américaine des paiements et provoqué une dépréciation progressive du dollar. Malgré certaines tentatives pour maintenir leur monnaie (comme la création du pool de l’or en 1961 où plusieurs pays se sont associés afin de limiter cette baisse), les crises successives connues par l’économie mondiale dans les années 60 ainsi qu’une contestation grandissante de l’hégémonie américaine ont conduit les Etats-Unis à dévaluer leur monnaie en 1971. Cette année marque la fin des principes de Bretton Woods puisqu’en plus de sa dévaluation, le dollar stoppe d’être convertible en or et les fluctuations des pays par rapport à la monnaie de référence sont désormais limitées à 2,5% et non plus à 1%. Ces modifications sont consignées dans un nouvel accord : l’accord Smithsonian. Pourtant, la situation économique des Etats-Unis continuant à se dégrader, une nouvelle dévaluation de 10% est nécessaire en 1973. En mars 1973, c’est l’effondrement définitif des accords de Bretton Woods et le flottement généralisé des monnaies est proclamé.

Il est indispensable de mettre en avant le cas particulier de l’Europe dans la mise en place des changes flottants. Prévoyant l’annonce d’un système de changes flottant au début des années 70, plusieurs des pays membres de la CEE s’inquiètent des conséquences d’un tel changement. Au vu de la nouvelle situation internationale, le Conseil des Ministres de la CEE décide le 21 mars 1972 de maintenir une marge de fluctuation entre les devises communautaires (le serpent monétaire européen) plus étroite que celle existant entre elles et le Dollar. Cependant, la conjoncture économique de l’époque (crise pétrolière, faiblesse du dollar…) et de profonds désaccords entre les membres de la CEE ont abouti à l’abandon de cette première tentative d’union monétaire en 1978. Le serpent Monétaire fut alors remplacé par le Système Monétaire Européen (SME) cette même année. Les objectifs du SME étaient alors relativement ambitieux : il devait permettre de stabiliser les taux de change, réduire l’inflation et préparer l'unification monétaire européenne au travers de la mise en place de l’ECU, une monnaie - panier contrôlée par un mécanisme de taux de change et d'intervention (MTC). Le SME a servi de transition à l’instauration de l’Union Economique et Monétaire (UEM), décidée en 1991 et officialisée lors du traité de Maastricht le 7 février 1992. L’UEM a pour ambition à terme la création d’une monnaie unique : l’Euro. Pour mener à bien ce projet, trois étapes étaient prévues :

  • Renforcement de la coopération monétaire pour satisfaire les critères de convergence des monnaies (1991-1994),
  • Création de l’Institut Monétaire Européen (1994-1999), afin de renforcer la coopération entre les banques centrales nationales,
  • Fixation irrévocable des parités des états participants à l’Euro, et politique monétaire conduite par la BCE (Banque Centrale Européenne qui succède à l’IME) et les banques centrales nationales des états membres (à partir de 1999).

La monnaie unique européenne fait donc son apparition en 1999 mais ne fut mise en circulation qu’à partir du premier janvier 2002. Elle concerne aujourd’hui 17 pays (Eurogroupe) membres de l’Union Européenne (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Grèce, Slovénie, Chypre, Malte, Slovaquie, Estonie). Le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark sont les trois seuls pays ayant rejoint l’Union Européenne avant 2004 à ne pas avoir rejoint la zone euro.

Malgré sa récente apparition, l’Euro est aujourd’hui la deuxième monnaie la plus traitée après l’US dollar, et le couple EUR/USD est désormais largement dominant dans le total des transactions de change internationales. L’Euro reste actuellement la seule monnaie à avoir réussi le challenge d’un regroupement de monnaies nationales malgré la crise de la dette en zone euro. On peut s’attendre à ce que de nouvelles zones économiques (Asie du Sud-Est notamment) suivent cette trace et cherchent à leur tour à créer une monnaie unique. Les conséquences pour le Forex seraient, entre autres, une diminution du nombre de paires traitables et une réduction de la volatilité au travers d’une meilleure maîtrise de la stabilité monétaire internationale.